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Mar 19, 2023

Avec une exposition mêlant œuvres d’art contemporaines et pièces archéologiques, le Mucem , à Marseille, s’essaie à un exercice difficile : présenter la réalité de la cité égyptienne en regard de sa légende.

Il suffit de prononcer le nom d’Alexandrie pour qu’aussitôt l’imaginaire s’enflamme, nourri d’histoire et de mythes. Rares sont ceux qui ignorent que la ville égyptienne a été fondée par le roi de Macédoine Alexandre le Grand (en 331 avant J.-C.), que son port était annoncé par un phare monumental et que son enceinte abritait une fameuse bibliothèque, bâtie en 288 avant notre ère… Mais au-delà de ce savoir général remonté de l’antiquité, la cité concentre aujourd’hui plus de mystères que de certitudes. L’exposition Alexandrie : futurs antérieurs, qui se tient au Mucem, à Marseille, jusqu’au 8 mai 2023, s’attelle ainsi à la lourde tâche de « revisiter l’histoire et le présent de la ville égyptienne, loin des mythes et des stéréotypes qui lui sont traditionnellement associés ».

Pour le conservateur référent du musée marseillais, Enguerrand Lascols, « il s’agit d’enlever le vernis, de déconstruire le mythe ». Une démarche complexe et commercialement risquée, les mythes et les fantasmes attirant plus les visiteurs que la – souvent banale – réalité. Les commissaires Arnaud Quertinmont et Nicolas Amoroso (Musée royal de Mariemont), aidés par Edwin Nasr (indépendant) et Sarah Rifky (Institute for Contemporary Art de l’université Virginia Commonwealth), se sont donc livrés à un acrobatique grand écart en conjuguant recherche archéologique et art contemporain. Ils écrivent ainsi : « L’exposition présente des artefacts couvrant une période de huit siècles, entre la fondation de la ville par Alexandre le Grand (331 av. J.-C.) et l’avènement du christianisme (381 après J.-C.).

Elle présente également des incursions dans des vestiges datant des temps byzantins, arabo-islamiques et modernes. […] L’exposition s’intéresse aussi à l’Alexandrie contemporaine. Une ville marquée par une constante érosion écologique, sociale et politique, déterminée par son passé colonial et les tumultes de la mondialisation. Au fil du parcours de l’exposition, 16 artistes contemporains élargissent notre regard avec des œuvres qui explorent la ville d’aujourd’hui, sa complexité, et le paradoxe de ses représentations, marquées par de constants allers-retours entre temps historique, temps actuel et temps imaginaire. »

Autant le dire, Alexandrie : futurs antérieurs fait sans cesse appel à l’imaginaire du visiteur qui doit essayer, à la manière d’un patient archéologue, de recomposer le puzzle complexe de ce que fut la ville et de son évolution au cours du temps. Relativement scolaire, le parcours de l’exposition se divise en cinq parties. Débutant avec l’urbanisme, il se poursuit avec le pouvoir et les savoirs, les temples et le « bilinguisme culturel », la vie quotidienne et le rayonnement de la ville. L’information est dense, abondante, et c’est petit à petit que l’on parvient à reconstruire une image approximative de la ville et de ses habitants au gré des époques.

 

Source : www.jeuneafrique.com

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